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Internet et la fin du monde

En général, on se demande si nous survivrions à la disparition d’Internet (or c’est vraiment trop XXe siècle comme question…). Heureusement, Paul Jorion, dans son livre « Le dernier qui part éteint la lumière », nous invite à nous poser une autre question autrement excitante : dans le cas – très probable selon lui – où l’humanité s’éteindrait dans les décennies à venir, Internet nous survivrait-il ? Eh bien, je vais rassembler les hypothèses qu’ici ou là, des tarés d’internautes ont énoncées pour vous fournir la réponse la plus certaine. Donc , Internet survivrait-il à notre extinction ? Figurez-vous que la réponse n’est pas si simple. Car elle dépend de la nature même de l’apocalypse qui aura présidé à notre disparition. Ainsi devons-nous envisager différentes possibilités : disparaitrons-nous à cause d’une pandémie ? d’une éruption volcanique ? d’une catastrophe climatique ? d’un astéroïde ? ou d’une guerre nucléaire ? Ça n’est pas pareil. Pas du tout. Bon, étant donné la structure du réseau, qui est décentralisée, ne dépend pas d’une entreprise, d’un Etat ou d’un seul type d’installation, il y a des chances que le réseau survive – au moins en partie – à une destruction même massive de notre environnement. Souvenez-vous qu’Arpanet, l’ancêtre d’Internet a été conçu précisément pour résister à une attaque nucléaire. Par ailleurs, même en cas de destruction des infrastructures terrestres (câbles, fibres optique etc.) par une catastrophe climatique ou une éruption volcanique, les satellites pourraient continuer à nous fournir du réseau. Donc, en cas de disparition de l’humanité à cause d’une catastrophe matérielle, il suffirait que quelques points stratégiques aient été épargnés pour que des parties d’Internet fonctionne encore. En fait, et sur ce point tout le monde est d’accord, le problème est moins dans Internet lui-même, que dans sa source d’alimentation. Car dans bien des scénarios envisagées, les centrales électriques seraient atteintes, ainsi que le réseau électrique. Or, l’électricité est nécessaire au fonctionnement d’Internet. Au fonctionnement des ordinateurs, des serveurs (et notamment des 13 serveurs racines) et au fonctionnement de ces points d’échange qui interconnectent les réseaux et font d’internet un réseau de réseaux (sans points d’échanges, il n’y a que des intranets). Sans électricité, au bout de quelques jours, quand auraient cessé de fonctionner les générateurs de secours, quand ce seraient épuisées les batteries, les machines cesseraient de fonctionner. Dans le cas d’une pandémie, il faudrait attendre peut-être un peu plus longtemps, mais le réseau électrique ne survivrait pas longtemps sans les hommes et Internet s’éteindrait (il y a un même un internaute pour estimer cette durée à deux semaines maximum, je me demande comme il fait pour arriver à ce chiffre). Donc, dans tous les cas, Internet ne nous survivrait pas longtemps. Mais, il nous survivrait un peu, d’où une autre question : que serait Internet sans êtres humains ? Très belle question, qui me rappelle un peu celle qu’on se pose quand on commence la philosophie à l’entrée en terminale : quel bruit fait un arbre qui tombe quand il n’y a aucune oreille pour l’entendre ? Ainsi dans Internet, ce qui continuerait de vivre, ce serait ce qui est automatique. Les envois de mails automatiques, des mises à jour prévues, des rappels de dates (anniversaire des proches, rendez-vous pris très longtemps à l’avance) ; les robots de Google continueraient à scanner le Web, ceux de YouTube à traquer les contenus dérogeant aux droits d’auteurs, alors qu’il n’y a plus d’auteurs… Il y aurait un moment d’autonomie étrange, inutile, vide, puis Internet s’éteindrait. Mais il faut se poser une dernière question : imaginons l’humanité disparue, imaginons qu’Internet tourne quelques jours et s’arrête, est-ce que quelqu’un pourrait le remettre en marche ? (quand je dis « quelqu’un » je ne dis pas un être humain, mais un être intelligent venu d’ailleurs, bien sûr…). Eh bien on ne sait pas. Car, depuis qu’il a été créé, Internet ne s’est jamais arrêté complètement. On ne sait pas s’il pourrait redémarrer. Peut-être qu’Internet serait disparu à jamais. Pour l’éternité. Voilà, vous savez maintenant qu’Internet ne nous survivra pas. Et je suis heureux de vous annoncer que je viens de prononcer la première chronique de ma vie qui, par définition, ne pourra jamais être vérifiée, ni contredite, ce qui me met en joie.

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La poupée terroriste

L’utilisation d’outils ludiques pour «éduquer» les petits Palestiniens à la violence et à la haine contre les juifs n’est pas nouvelle. Le Guardian se fait l’écho d’une découverte déplaisante faite par les douanes israéliennes mercredi 9 décembre dans le port d’Haïfa, dans le nord du pays. Dans deux containers, cachées derrière d’autres articles, gisaient 4.000 poupées à l’effigie de lanceurs de pierres palestiniens. Ces miniatures étaient toutes revêtues uniformément du même keffieh noir et blanc emblématique et portaient près du cou une de ces deux inscriptions en arabe: «Jérusalem est à nous!» ou «Jérusalem, nous voilà!». Et, dans un poing levé vers le ciel, une forme gris sombre ressemblant fortement à une pierre. La ministre déléguée aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, connue pour ses opinions très dures sur la question palestinienne, a déclaré que cette marchandise était destinée aux territoires de l’Autorité palestinienne, ou État de Palestine (bien que, comme le rappelle le journal britannique, il n’existe pour le moment aucune certitude sur les destinataires), où elles devaient être utilisées pour «empoisonner» le cerveau des jeunes Palestiniens. La femme politique a l’intention d’en envoyer des exemplaires dans les délégations diplomatiques israéliennes «afin de montrer aux pays versant des fonds à l’Autorité palestinienne qu’à moins d’un changement spectaculaire dans le système éducatif palestinien aucun dialogue avec [leurs] voisins ne [leur] semblera possible.» Selon une experte interrogée par le site The Daily Beast à la suite de cette affaire, ces poupées à l’image de lanceurs de pierres sont une étrangeté dans le régime palestinien. Mia Bloom enseigne à l’université de Georgie et a co-écrit un livre à paraître: Small arms: children and terrorism (en français, Les petites armes: les enfants et le terrorisme). Elle a cependant observé que, plus généralement, l’utilisation d’outils ludiques pour «éduquer» les petits Palestiniens à la violence et à la haine contre les juifs n’est pas nouvelle. Ainsi, la chaîna Al-Aqsa, réputée proche du Hamas, a popularisé un personnage aux airs de Mickey, Farfour. On peut le voir apprendre de son grand-père qu’il est «l’ange gardien» du territoire de Palestine face aux Israéliens et à la mort de celui-ci déplorer: «Je ne sais pas comment libérer ce pays de la souillure des juifs criminels et voleurs!» Une façon, explique la spécialiste, de déshumaniser au plus tôt la population hébreu auprès du peuple arabe et de banaliser les actions violentes.

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Meeting de Rabat sur la pauvreté et la liberté

Le libre marché a toujours été le mouton noir des gouvernants, et les intellectuels autoproclamés, tels un troupeau de moutons, se bousculent dès lors qu’il s’agit de le critiquer : à les en croire, le libre marché défavoriserait en effet les foyers les plus modestes. Cet argument fournit apparemment une justification humaniste à leur antipathie viscérale pour le libre marché. « Voyez, nous désavouons le libre marché parce qu’il lèse la faible populace. Pauvre gueux… » Pour eux, les pays défavorisés seraient ainsi affaiblis par la brutalité du libre marché. Cette conviction est d’après moi une profonde bêtise, et durant un meeting à Rabat auquel j’ai récemment participé, un participant a pris soin d’analyser en détail cette curieuse conviction. Dans les faits, cette justification va totalement à l’encontre de la réalité. Les individus des pays pauvres souffrent surtout du manque de libre marché. La preuve : les plus pauvres résident traditionnellement là où ils ne sont pas autorisés à vivre comme ils le veulent. Contrarier le libre marché conduit en toute logique à contrarier la liberté. Le libre marché est par conséquent réprimé dans des dictatures telles que l’ex-Allemagne de l’Est. Un pouvoir qui se défie de son peuple au point de lui refuser la possibilité de s’exprimer dans les urnes ne consentira assurément pas à ce que ce même peuple ait la liberté de réaliser ses choix dans le cadre du libre marché ! Pendant ce meeting à Rabat, l’intervenant a même poussé plus loin sa diatribe, en montrant à quel point le libre marché est vital pour les populations les plus démunies. Cela leur donne en effet l’occasion de proposer leurs produits à un public bien plus étendu, et leur permet, en tant que clients, d’avoir un meilleur accès aux biens et services. Par l’intermédiaire du libre marché, les populations démunies du monde réservent maintenant un budget moins important à se nourrir que par le passé. Pour les pays en voie de développement ayant choisi le libre marché et l’ouverture des frontières pour l’importation de produits, les gens profitent non seulement de plus de choix pour les produits, mais aussi à des prix plus bas. Les plus démunis n’ont donc pas à être défendus du libre marché : c’est même le contraire ! Si cela vous intéresse, retrouvez toutes les informations de ce voyage incentive au Maroc sur le site de l’organisateur en suivant le lien.

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Démocratie à l’africaine ?

Entre afro-optimisme et afro-pessimisme, le continent africain se cherche. C’est vrai sur le plan économique où la croissance “en tache de léopard” – dixit l’expert Jean Joseph Boillot – crée d’importants déséquilibres. Mais c’est encore plus frappant sur le plan politique. Quelle est la meilleure gouvernance pour favoriser le développement?? La réussite de certains régimes n’obéissant pas aux canons démocratiques, loin s’en faut, tels l’Éthiopie, l’Ouganda ou le Rwanda, interpelle. Ces régimes offrent à l’économie ce dont elle a le plus besoin pour se déployer?: la stabilité, le long terme, la vision. Dussent les droits de l’homme et du citoyen en souffrir durement. Cette voie qui fut empruntée par maints pays asiatiques pour décoller (et qui est toujours celle de la Chine) ne saurait sûrement pas, pour autant, constituer un modèle. Seulement une solution transitoire, en attendant mieux. carte-afriqueEntre l’Afrique qui prospère, celle qui affiche des taux de croissance économique de plus de 5?% en rythme annuel, et l’Afrique qui désespère, celle des migrants, de la jeunesse désœuvrée, du terrorisme et des États faillis, c’est un euphémisme de l’écrire?: le continent africain se cherche. C’est vrai sur le plan économique?: les pays résisteront-ils au retournement à la baisse du prix des matières premières et à la moindre demande chinoise, ou bien les fondamentaux d’une croissance endogène et diversifiée sont-ils, cette fois, suffisamment solides pour leur épargner une rechute?? Mais c’est encore plus frappant sur le plan politique. Alors que les élections s’enchaînent à vive allure – plus d’une trentaine de scrutins sont sur les agendas de?2015 et?2016 –, la problématique de la gouvernance politique se retrouve à nouveau remise au premier plan. Brutalement, par une série de dirigeants pas toujours recommandables, loin s’en faut, qui manifestent leur volonté de se présenter à nouveau pour effectuer un troisième mandat en contradiction avec la constitution de leur pays, succombant ainsi à la tentation dynastique. Et plus encore par la réussite économique et sociale de certains régimes qui n’obéissent pas aux canons démocratiques tels l’Éthiopie, l’Ouganda ou le Rwanda. Un constat plus que dérangeant à nos yeux d’Occidentaux, pour qui le cheminement vers la démocratie s’associe nécessairement au développement économique, et réciproquement Or, vérité un brin accablante, ces deux catégories – la démocratie et le développement – sont en réalité, l’Afrique vient nous le rappeler, dissociées. Tant il est vrai que l’économie a avant tout besoin pour se déployer de stabilité des règles du jeu, de long terme et plus encore de vision. Un triptyque que ne garantissent pas nécessairement les démocraties, régimes perfectibles par essence. Et il n’est pas surprenant après tout que l’Afrique, aujourd’hui en plein bouillonnement économique, en fasse à son tour, après l’Asie, la démonstration. Avec la fin de la guerre froide à la fin des années 80, l’Occident a voulu exporter son modèle de gouvernance démocratique aux sociétés africaines, allant même jusqu’à lier ses aides financières aux progrès réalisés dans ce domaine. Ce fut par exemple l’axe du célèbre discours de La Baule de François Mitterrand en 1990. Un quart de siècle plus tard, les pays africains sont sortis de leur face-à-face avec les anciens colonisateurs. Ils peuvent notamment se tourner vers d’autres partenaires beaucoup moins regardants sur les libertés publiques ou les droits de l’homme, comme la Chine qui, elle, met en avant dans ses relations le principe de non-ingérence. “C’est comme si l’Afrique, désormais libre de ses choix, vivait une deuxième indépendance. Et cela se traduit sur le plan politique par une grande diversité de régimes” “Résultat, les marges de manœuvre des dirigeants africains n’ont jamais paru aussi grandes”, explique un expert. Bref, c’est comme si l’Afrique, désormais libre de ses choix, vivait une deuxième indépendance. Et cela se traduit sur le plan politique par une grande diversité de régimes. Le Centre d’aide au développement (CAD) de l’OCDE dénombre en Afrique 25 démocraties, 5 autocraties et 22 régimes hybrides, mêlant des éléments de démocratie et des éléments de régime autoritaire. Mais un autre décompte avec des curseurs plus draconiens peut être établi ( voir encadré et carte ci-contre : les voies multiples de la gouvernance africaine).

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Daech décapite aussi les « sorcières »

L’Etat islamique décapite deux femmes, accusées de sorcellerie. De nombreuses vidéos de décapitations ont été publiées sur Internet par Daesh. C’est une funeste première. L’Etat islamique avait déjà capité des centaines de personnes, mais ne s’en était pas encore pris à des femmes. Mais, ce mardi, l’Obervatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a affirmé que deux femmes ont été décapitées en Syrie par les djihadistes du groupe terroriste qui les accusent de sorcellerie. « L’EI a exécuté deux femmes par décapitation dans la province de Deir Ezzor. C’est la première fois que l’OSDH documente une exécution de femmes de telle manière en Syrie », a affirmé le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane. L’OSDH précise que les exécutions ont eu lieu dimanche et lundi et que les femmes ont été mises à mort avec leurs maris sous l’accusation de « sorcellerie et magie ». Accusé de crimes contre l’Humanité, le groupe ultraradical de Daesh s’est acquis une sinistre réputation avec ses décapitions d’hommes, exécutions massives, lapidations de femmes soupçonnées d’adultère et morts atroces infligées aux homosexuels. Mais c’est la première fois que l’OSDH fait état de l’exécution de femmes par décapitation. Depuis la proclamation de son « califat » sur les territoires conquis à cheval sur l’Irak et la Syrie, l’EI a exécuté plus de 3 000 personnes, dont 1 800 civils parmi lesquels 74 enfants.

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Quand Israel soutient Daech

Dans un geste inhabituel, alors que la situation militaire est très volatile, le ministre de la Défense israélien a reconnu officiellement apporter une aide « humanitaire » aux rebelles syriens. D’un silence assourdissant jusque là sur la situation en Syrie, l’Etat hébreu a conditionné la poursuite de cette aide à l’engagement des combattants sunnites de ne pas s’attaquer à la minorité druze. Inquiet de voir le conflit syrien déborder ses frontières dans la partie occupée du Golan, après la récente flambée de colère des Druzes, le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon a profité d’une réunion exceptionnelle avec les correspondants diplomatiques pour révéler ce que nombre d’observateurs et de combattants savaient déjà. « Ce n’est un secret pour personne que les villages frontaliers syriens reçoivent une aide humanitaire », a-t-il dit, ajoutant être parfaitement conscient que des rebelles figurent parmi les Syriens auxquels l’Etat hébreu vient en aide sous forme de soins aux blessés. Il n’a toutefois pas précisé s’il s’agissait de djihadistes de Daech ou d’al-Nosra ou de combattants de l’Armée syrienne libre présents dans le secteur.

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5 Mio pour la main de Thierry Henry

A chaque jour son scandale… Le directeur-général de la Fédération irlandaise John Delaney a affirmé que la Fifa avait payé la FIA après la main de Thierry Henry en 2009, qui avait permis à la France de se qualifier pour la Coupe du Monde 2010. Les jours se suivent et se ressemblent à la Fifa. Après l’arrestation de hauts dirigeants de l’organisation, la démission de Sepp Blatter et les déclarations de Chuck Blazer, le directeur-général de la Fédération irlandaise (FAI) a affirmé ce jeudi avoir reçu un versement à la suite de la main de Thierry Henry, qui avait permis à la France de se qualifier pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. L’Eire, quant-à-elle, était éliminée. Sur l’unique but tricolore de la rencontre, le meilleur buteur des Bleus avait ramené la balle de la main avant de délivrer une passe décisive à son partenaire, William Gallas, qui avait marqué de la tête. Lors d’une interview à RTE Soccer, John Delaney a déclaré hier jeudi : «Nous sentions que nous pouvions porter cette affaire en justice contre la Fifa. Il y avait aussi l’attitude de Blatter, si vous vous souvenez, il avait ricané, s’était moqué de nous. Je suis allé le voir, je lui ai dit ce que je pensais de lui, quelques jurons ont été prononcés. Puis nous sommes parvenus à un accord. C’était un vendredi, et le lundi, l’accord était signé. C’était un très bon accord pour la FAI». Le montant de la transaction n’a pas été officiellement dévoilé, mais les médias irlandais parlent d’une somme de 5 millions de dollars, comme le souligne l’Equipe.

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Réalité du djihadisme

Mohammed Emwazi, alias “Jihadi John”, 27 ans, n’était pas un paria quand il est parti faire le djihad en Syrie. Apparu dans une vidéo, en août 2014, identifié grâce à son accent londonien et à des recoupements très fins, ce citoyen britannique d’origine koweïtienne devenu le tortionnaire en chef de l’État islamique était informaticien à Londres. Bien avant lui, la plupart des tueurs du 11 septembre 2001 aux États-Unis avaient suivi des études, comme Mohamed Belhoucine, l’ami de l’assassin de l’Hyper Cacher, comme ces excellents informaticiens entrés au service de la propagande islamiste pour lui donner une qualité qui étonne les spécialistes. Leur profil n’est pas si rare dans cette “armée” de 8 000 à 10 000 musulmans de naissance ou convertis d’Europe passés à l’islamisme radical. Leur aisance avec les nouvelles technologies montre qu’ils ont été bien formés dans leur société d’origine ou d’accueil. Ils n’ont pas toujours été des damnés de la terre. Une grande partie de nos élites intellectuelles peine à reconnaître cette réalité, comme si le sentiment religieux était incompatible avec l’évolution moderniste de nos sociétés. Cette cécité collective explique les dérives djihadistes par les seules inégalités sociales et par l’identité occidentale, supposée porteuse d’islamophobie et de racisme. Ce réductionnisme semble exonérer la religion — l’islam en l’occurrence — de toute responsabilité. Il gomme la force politique légitimée par une lecture littérale du Coran et des hadith (les faits et gestes du Prophète), matrice de la dérive fanatique observée de Mossoul à Paris, de Raqqa à Londres, des massacres au saccage de sites du patrimoine de l’humanité. Ceux qui acceptent de mourir et de supplicier des milliers d’innocents sont souvent en quête d’une spiritualité abandonnée ou moquée dans un Occident qui renie ses racines, en perte de mémoire, en quête d’identité. Comprendre et combattre ces islamistes nés et grandis chez nous oblige à une réflexion nouvelle, à droite comme à gauche, à cesser aussi de se mentir. Parler des “terroristes” ne suffit pas : ce sont aussi des “islamistes”. Quand on pleure des victimes “égyptiennes” ou “irakiennes”, il s’agit d’abord de “chrétiens”, égyptiens ou irakiens.

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Le vrai problème de la Grèce

Après la victoire, dimanche 25 janvier, du parti de gauche Syriza en Grèce, le travail de fond peut commencer. Elu sur la promesse d’une hausse du pouvoir d’achat des Grecs, le gouvernement d’Alexis Tsipras doit désormais renégocier au mieux les termes du contrat qui lie la péninsule à ses partenaires européens, plus particulièrement les conditions de remboursement des prêts qu’ils lui ont accordés. Une partie de poker doit donc se dérouler entre l’administration grecque et ses créanciers – les membres de la Troïka : Banque centrale, Commission et Conseil européens et Fonds monétaire international. Et chacun doit jouer une à une les cartes qu’il a en main. De fait, ce marchandage a déjà commencé. Depuis qu’Alexis Tsipras est pressenti comme futur Premier ministre, les marchés financiers ont relevé les taux théoriques auxquels ils acceptent (ou pas) de prêter à la Grèce : ils sont passés de moins de 5% en mai à plus de 9% en novembre. En réponse à l’annonce par Alexis Tsipras d’un refus de rembourser l’intégralité du montant de la dette s’il est élu, la chancelière allemande Angela Merkel – ou son entourage – avait même laissé entendre indirectement que la Grèce sortirait de la zone euro. Nous n’allons rien dicter et ne cherchons qu’à aider la Grèce, a depuis tempéré le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble. Mais il y a des règles, des accords, des faits, des chiffres, bref une réalité dont il convient de prendre conscience. » Le scénario d’une sortie de la Grèce de l’euro est donc encore irréaliste. « Le problème est de demander un effacement d’une partie de la dette, explique un proche du dossier. Tout ce qui est dit en ce sens par les parties grecques suscite une réaction contraire, notamment en Finlande et en Allemagne. En se concentrant uniquement sur ce point, on risque de voir la discussion rompue. » En cas d’échec des négociations, la Grèce pourrait être privée des facilitées d’emprunt dont l’Etat et les banques bénéficient. Ce qui, in fine, pourrait la pousser hors de la zone euro. Mais dans ce scénario, tous les européens seraient perdants. Face à cette menace, les deux parties doivent donc manier chaque carte avec précaution. En remboursant partiellement ou plus tard sa dette, le gouvernement Tsipras pourrait faire valoir qu’il a fait plier la troïka auprès de l’opinion publique. Et ainsi susciter des espoirs dans d’autres pays d’Europe, espérer une inflexion de la politique européenne davantage tournée vers l’investissement. Il pourrait aussi peut-être bénéficier dans une plus grande mesure du plan Juncker et du déblocage des fonds structurels de l’Union européenne. La Troïka a déjà accepté deux restructurations de la dette grecque. Les banques ont renoncé à prêt de 100 milliards d’euros. Et aujourd’hui, ce sont les Etats européens, la BCE et le FMI qui détiennent les trois quarts de la dette publique du pays, pour lesquels ils ont consenti à des taux très faible et à un remboursement très étalé. Autrement dit, même si la dette grecque rapportée à son PIB est très importante, ses créances sont relativement soutenables. Difficile d’offrir des conditions beaucoup plus avantageuses, à moins d’aller piocher directement dans le portefeuille des autres européens, dont certains se sont eux aussi serrés la ceinture. Cette carte, qui consiste à ne faire aucune concession au nouveau gouvernement, risque toutefois de mener à terme vers le Grexit. C’est le sujet de négociation le plus urgent. Le gouvernement Tsipras pourrait demander d’assouplir le programme de réformes suivi par les fonctionnaires européens, afin d’épargner les publics fragiles (retraités et jeunes) et de s’attaquer à certains secteurs plus prospères. En se montrant raisonnable sur le montant de la dette, il pourrait ainsi appliquer une politique correspondant davantage aux aspirations de son électorat, mais pas forcément déconnectée des demandes de la Troïka. La Banque centrale européenne garantit les actifs que détiennent les banques grecques bien que le pays soit désigné par les agences de notation comme un investissement spéculatif. Car en échange, la Grèce applique un programme de réformes définis avec les fonctionnaires européens. La Troïka peut donc réclamer au gouvernement Tsipras qu’il poursuive les réformes. Mais attention : Si Syriza ne peut pas du tout appliquer son programme, les prochaines élections risquent de voir émerger une forme de contestation violente, dans un pays ou un parti néonazi, Aube Dorée, a tout de même recueilli plus de 6% des suffrages. Ce qui donnerait lieu à une autre partie, beaucoup plus dure à jouer pour la Troïka. La Grèce renonce à rembourser une bonne partie de sa dette et affecte le montant des créances à la revalorisation des retraites ou aux salaires des fonctionnaires. Le coût politique pour l’Union européenne serait élevé, tant d’un point de vue géostratégique (bases militaires et immigration), que d’un point de vue de la confiance dans l’intégrité de la zone euro. Mais pour la Grèce aussi. Cette carte de dissuasion n’est donc à utiliser qu’en dernier ressort par Athènes, un peu comme l’arme nucléaire. D’autant que la troïka aussi en a une.

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L’Espagne se met au libre échange

Dernièrement, j’ai assisté à un séminaire fascinant en Espagne portant sur le libre marché : un thème à certains moments délicat, et qui a donné naissance à nombre de discussions houleuses entre les participants. C’est que le « libre marché » a, en Europe, mauvaise réputation : il ne fait pourtant de mal à personne, en suivant son chemin de petit bonhomme… Car, en effet, libre marché ne signifie en aucun cas ultra-libéralisme. La notion de libre marché est floue pour beaucoup. C’est pourquoi je vais commencer avec un exemple. La libération des femmes dans les années cinquante fut-elle un effet du hasard ou plutôt le fruit qu’offrit l’industrie pharmaceutique en réponse à un besoin, avec l’introduction des moyens de contraception ? Autre question. La libération des femmes dans le domaine du travail fut-elle due à l’émergence des équipements électroménagers, qui ont fourni un gain de temps à la femme au foyer et lui ont, en conséquence, offert l’opportunité de trouver sa place dans le marché du travail ? Ou découle-t-elle du fait que les femmes ont conquis le marché de l’emploi lors la seconde guerre mondiale et changé définitivement la donne ? Un dernier exemple, encore. L’insistance avec laquelle certains gouvernants s’évertuent à embarrasser les droits des citoyens et consommateurs n’est-elle pas la meilleure preuve du pouvoir que représente le libre marché ? La manière dont la Chine entrave la liberté d’information de ses concitoyens sur la Toile et les réseaux sociaux, par exemple, dévoile qu’un consommateur libre, et plus largement un individu libre, est identifié comme un danger pour un groupe qui entend fixer lui-même ce qui est profitable et ce qui ne l’est pas.
Depuis des temps immémoriaux, l’homme a un nombre limité de besoins à satisfaire, comme la pitance, la boisson, le gîte et la tranquillité. Ceux-ci relèvent des besoins élémentaires de l’individu. Et durant des millénaires, ceux-ci ont été les seuls besoins de l’individu. Les plus anciens marchés dont nous avons retracé l’histoire délivraient expressément des biens répondant à ces besoins. Ainsi, la demande construisait l’offre et la convergence des deux donnait naissance à un marché. A notre époque cependant, les besoins de l’individu se sont multipliés : éclairage, climatisation, transport, formation continue, santé, communication, bien-être, services divers… Et quel que soit l’extravagance des besoins, il se trouvera un individu capable de les satisfaire. Grâce au « libre marché », chaque être humain peut ainsi lui-même chercher à améliorer sa situation, en demandant et en offrant. Le libre marché n’a donc rien à voir avec l’image qu’on s’en fait : il a toujours fait partie de nous et de notre société, et nous est profitable. Voilà comment, à partir d’un simple malentendu sur ce que recouvre cette expression pourtant simple, des débats sans fin aient pu mener nulle part. Je vous laisse le lien vers l’organisateur de ce séminaire en Espagne si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet.

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