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Quand la Belgique s’en mêle

En France, la situation est marquée par des attaques de plus en plus violentes de la part du gouvernement et du patronat contre la classe ouvrière. C’est bien l’ensemble des droits que les travailleurs ont arrachés pendant des décennies de lutte qui sont remis en cause.

Les déclarations de Macron et d’autres politiciens sur les 35 heures préparent des remises en cause de la durée hebdomadaire du temps de travail. Toujours concernant le temps de travail, on assiste à une offensive, d’abord dans le commerce avant de s’étendre aux autres secteurs d’activité, pour imposer le travail dominical.

Après une nouvelle convention Unedic qui réduit les droits des travailleurs intermittents, intérimaires et licenciés, c’est une véritable campagne de dénigrement des privés d’emploi qui est lancé depuis les salons gouvernementaux, campagne qui vise à imposer encore plus de contrôles et de radiations à l’encontre des travailleurs au chômage. Et ce dans un contexte où chaque jour on apprend un nouveau plan de licenciement, où tous les secteurs sont touchés par des licenciements et des suppressions de postes massifs… Répondant aux aspirations du Medef, Macron prépare déjà une nouvelle loi visant à « simplifier » les licenciements économiques, à permettre aux patrons de ne plus avoir à respecter des critères dans l’ordre des licenciements et à rendre encore plus difficile l’invalidation des plans sociaux par les tribunaux. Le patronat, lui, revendique bien sûr d’aller encore plus loin et ne d’avoir plus à justifier les licenciements… ce qui veut dire pour nous les travailleurs que nous n’aurons plus la possibilité de les contester.

A cela, et sans que la liste soit exhaustive, on peut ajouter les politiques d’austérité dans les services publics qui dégradent à la fois les conditions de travail des salariés et le service rendu à la population. Et, en plus du renforcement de la répression anti-syndicale, les attaques contre les instances de représentation des salariés (CE, DP, CHSCT…) et la volonté de mettre fin à l’élection des juges prud’homaux montrent également une volonté de remettre en cause les libertés syndicales et les autres moyens dont disposent les salariés pour contester la toute puissance patronale dans l’entreprise. Quant aux salaires, il est question de les geler pendant trois ans, ce qui entraînera une perte encore plus violente de notre pouvoir d’achat.

Face à cette situation dramatique pour la classe ouvrière, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne se mobilise pas en tant que telle pour résister à ces attaques. Des mobilisations de secteurs de la petite-bourgeoisie (comme les avocats, les médecins ou les pharmaciens) ont plus de visibilité que celles du monde du travail, quant ce ne sont pas les réactionnaires (Manif Pour Tous par exemple) qui tentent d’apparaître comme l’opposition la plus visible au gouvernement.

Bien sûr, ici ou là, apparaissent des mobilisations intéressantes. On peut citer la lutte des travailleurs du commerce à Paris contre la généralisation du travail le dimanche. Cette mobilisation a déjà permis de faire taire la campagne médiatique orchestrée par le patronat sur le « droit de travailler le dimanche », elle est la preuve, s’il en fallait une, que non les travailleuses et les travailleurs du commerce ne veulent pas être exploité un jour de plus. Toujours à Paris, on se doit de citer les luttes qui se développent dans l’hôtellerie de luxe, secteur où il est vrai les travailleuses et travailleurs peuvent quotidiennement constater l’indécence des fortunes de la grande bourgeoisie. Ici et là, on voit aussi des luttes contre les suppressions de postes dans les hôpitaux et bureaux de poste, ou des grèves contre les plans de licenciements.

Mais pour ce qui est des luttes d’ensemble de la classe ouvrière, force est de constater que depuis la rentrée, il n’y a pas eu une seule véritable journée de mobilisation. Les journées d’action syndicales qu’a pu proposer la direction de la CGT démoralisent plus qu’elles ne mobilisent les militants, sans même parler des travailleurs du rang. Que ce soit la journée du 16 octobre sur la protection sociale, la journée de mobilisation pour les transports ou celle pour les salaires dans la fonction publique, elles ont été quasiment confidentielles et ont déjà eu du mal à mobiliser les militants. Au niveau des directions syndicales, il n’y a aucun plan, aucune stratégie pour aller vers un mouvement d’ensemble, pour élaborer une résistance un tant soit peu efficace face au rouleau compresseur des attaques patronales.

S’il y a des différences de cultures syndicales, nous avons face à cette absence de stratégie des directions syndicales, un contre-exemple, celui de la Belgique. Les syndicats n’y sont pas plus radicaux ou moins bureaucratisés qu’en France. Il n’empêche que dans ce pays, les directions syndicales proposent une stratégie qui donne envie aux militants, aux syndiqués et au-delà à l’ensemble des travailleurs de se mobiliser. Face à des attaques du gouvernement qui visent à repousser l’âge de la retraite, à remettre en cause l’indexation des salaires et à réduire les indemnités chômage, et malgré les limites des bureaucraties réformistes, la stratégie mise en place montre la force potentielle de la classe ouvrière.

La mobilisation a commencé par une grande manifestation de plus de 100.000 travailleurs à Bruxelles le 6 novembre. Elle a continué par une première vague de grèves tournantes le 24 novembre dans les provinces d’Anvers, du Luxembourg, de l’Hainaut et du Limbourg, qui ont été un succès. Quasiment tous les transports, bus et trains, étaient à l’arrêt tout comme le Port d’Anvers, 70% des magasins de Charleroi ont été fermés par la grève, dans bien des entreprises de la métallurgie ou de la chimie la production a été stoppée, et un grand nombre de zones industrielles et commerciales ainsi que des administrations ont été bloquées par des piquets de grève. Une nouvelle vague de grèves tournantes aura lieu le 1er décembre, ainsi que le lundi suivant jusqu’à une journée de grève générale prévue pour le 15 décembre.

Bien sûr, on ne sait pas alors que ces lignes sont écrites jusqu’où ira le mouvement en Belgique. Les directions syndicales finiront peut-être par négocier des queues de cerise…

Mais une seule journée de grèves tournantes a déjà bloqué bien des lieux de production et de services, et ce dans un pays qui a connu plus d’une année sans gouvernement, absence qui n’a entravé en rien la bonne marche du pays. Cela permet de rappeler la force de notre classe sociale lorsqu’elle est organisée, et la faiblesse des bourgeois et politiciens qui ne produisent aucune richesse ! Et l’exemple belge montre aussi ce que pourrait être un plan de lutte visant à mobiliser les travailleurs contre la politique anti-ouvrière.

Impossible de dire si cela marchera ou pas, mais ce qui est sûr c’est que les directions syndicales, et en particulier celle de la CGT (qui reste la principale organisation ouvrière et celle qui regroupe le plus grand nombre de travailleurs combatifs), ne cherchent même pas à aller dans cette direction. Ce serait pourtant la seule qui permettrait de faire reculer le gouvernement et le patronat ! Aux travailleurs combatifs et aux communistes de militer dans ce sens ! Car il est temps, en France comme ailleurs, de mettre un coup d’arrêt aux attaques anti-ouvrières, et ce n’est que par la mobilisation de la classe ouvrière qu’on y arrivera.

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L’Ecosse dit « non »

L’Ecosse est-elle revenue à la raison ? J’ai eu la chance d’être à Londres hier pour le boulot, en séminaire, et c’était fascinant de pouvoir être au cœur de l’action alors que l’Ecosse devait voter oui ou non pour son indépendance. Les Ecossais ont finalement voté « non » à l’indépendance lors d’un référendum historique marqué par une participation massive à hauteur de l’enjeu historique. La victoire confortable du « non » a été définitivement établie après dépouillement de 30 des 32 circonscriptions. Le « non » recueillait alors 55,2% des suffrages et le « oui » 44,85%. Alex Salmond, Premier ministre écossais et leader des pro-indépendance a fait un discours pour reconnaître « sa défaite ». « C’est une étape monumentale dans l’histoire de notre pays. Je pense que le processus nous crédibilise et crédibilise l’Ecosse, avec une participation de 90%. C’est l’une des plus élevées de l’histoire de toutes les démocraties, c’est un triomphe pour la démocratie (…). J’accepte le résultat de cette élection et je m’engage à travailler pour l’avenir de l’Ecosse et du Royaume-Uni » a-t-il indiqué tôt ce vendredi matin. En effet, la participation a été exceptionnelle avec plus de 93% de votants selon les premiers chiffres. Ce qui laisse rêveur et qui témoigne d’une fantastique démocratie qui fonctionne bien. Peu avant, David Cameron avait accrédité la victoire du camp du non dans un tweet au responsable de la campagne du non, soutenue par les trois partis traditionnels britanniques (conservateur, libéral-démocrate et travailliste d’opposition) et par une majorité à la City. «J’ai parlé à Alistair Darling – et je l’ai félicité pour une campagne bien menée», a-t-il dit. L’intéressé a salué en retour sur son compte «une nuit extraordinaire», depuis Glasgow, la deuxième ville du pays qui a voté oui. Il a appelé vendredi matin le Royaume-Uni à se «rassembler» après la victoire du non, qu’il avait lui-même soutenu, au référendum d’indépendance en Écosse. «Il est temps pour notre Royaume-Uni de se rassembler et d’aller de l’avant», a déclaré David Cameron lors d’une déclaration au 10, Downing Street à Londres, estimant que la question de l’indépendance de l’Ecosse était désormais réglée pour «une génération ». Mais effectivement, il faut déjà se poser la question du futur. Et c’est exactement ce dont nous avons discuté lors de notre séminaire à Londres, c’est que le futur contient nécessairement un nouveau référendum, dans quelques années, une dizaine ou une vingtaine, mais la question est déjà acquise.

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Un séminaire à Alger ? Non merci!

Un séminaire à Alger ? Non merci. C’est le cri de réponse donné par une dizaine de cadres d’une société pétrolière alors que la direction souhaitait organiser un séminaire en Algérie pour démontrer à son personnel que le pays n’était pas dangereux. Malgré la prise d’otage massive et les décès des personnels sur place, certains semblent néanmoins pris de folie pour inciter tous leur scadres de haut vol à partir en séminaire en Alger. La brochure avait l’air tentante néanmoins : Alger la Blanche, capitale de l’Algérie, répond en arabe au nom d’El-Djazaïr. Tournée vers la mer, cette métropole très active est adossée à des collines au-delà desquelles s’étend une campagne prospère. C’est une destination passionnante pour tout ce qu’elle offre à découvrir, et la principale porte d’entrée vers l’intérieur du pays. Alger abritait ceux que les Européens appelaient les pirates barbaresques surtout auXVIe siècle à l’époque du plus fameux d’entre eux, Khaïr ed-Dīn Barberousse. Elle fut aussi la perle la plus étincelante de toutes les villes coloniales françaises. Depuis l’indépendance, en 1962, elle est devenue la capitale politique, économique et culturelle d’un pays extrêmement vaste, d’une grande diversité géographique et culturelle. Plus grand port d’Afrique du Nord, Alger est aussi sa plus grande ville. Elle s’est considérablement étendue pour accueillir une population qui a doublé en vingt ans. Alger a souffert de la même façon que le reste du pays tout au long de la « décennie noire » des années 1990. Depuis, sa population connaît un sort très contrasté. Nul besoin de se promener longtemps dans le centre-ville pour voir des hommes désœuvrés aller et venir sans but précis. Toutes les capitales ont leurs chômeurs et leurs sans-abri. Toutefois, on aurait pu penser que la manne financière générée par les considérables revenus du pétrole et du gaz (qui ont permis à l’Algérie de rembourser la quasi-totalité de sa dette extérieure) aurait pu permettre de venir en aide à cette frange défavorisée de la population. L’Algérie et sa capitale sont plus riches que jamais. L’État investit massivement et, manifestement, certains en profitent : le nombre de grosses cylindrées flambant neuves qui encombrent les rues d’Alger est le signe indéniable d’un enrichissement croissant d’une partie de la population. Il n’en reste pas moins que la ville est toujours aussi dangereuse, et qu’il est aujourd’hui formellement déconseillé aux entreprises d’organiser des évènements « ludiques » sur place. A lire également sur agence séminaire.

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Helsinki dit « f#@ck off » à l’euro

La Finlande ne souhaite plus être solidaire de l’Europe. La Finlande préfère se préparer à sortir de l’euro plutôt qu’à payer les dettes des autres pays de la zone euro, affirme la ministre des Finances Jutta Urpilainen, vendredi dans le quotidien financier Kauppalehti.  »La Finlande est engagée à être un membre de la zone euro et nous estimons que l’euro est bénéfique pour la Finlande. Toutefois, la Finlande ne s’accrochera pas à l’euro à n’importe quel prix et nous sommes prêts à tous les scénarios, y compris à abandonner la monnaie unique européenne », déclare-t-elle. « La responsabilité collective pour les dettes et les risques d’autres pays n’est pas ce à quoi nous devons nous préparer », ajoute-t-elle. Un porte-parole de la ministre, Matti Hirvola, a ensuite tenu à préciser que « toute affirmation selon laquelle la Finlande allait quitter l’euro était simplement fausse ». Mme Urpilainen a reconnu dans un entretien accordé au quotidien finlandais Helsingin Sanomat publié jeudi que la Finlande, un des derniers pays de la zone euro a bénéficier d’une note de crédit triple A, « représentait une ligne dure » vis-à-vis des plans d’aides financières.  »Nous sommes constructifs et nous voulons résoudre la crise, mais pas à n’importe quelles conditions », affirmait-elle.

Helsinki a fait part de sa réticence à permettre au Mécanisme européen de stabilité d’acheter des obligations sur le marché secondaire dans le cadre de l’accord intervenu la semaine dernière lors d’un sommet à Bruxelles où ont été annoncées de fortes mesures destinées à soutenir les pays actuellement chahutés par les investisseurs (Espagne et Italie). L’an dernier, Helsinki avait exigé et obtenu, lors du deuxième plan d’aide à la Grèce, de conclure un accord bilatéral avec Athènes lui garantissant de récupérer les sommes avancées. A lire en détail sur VDN

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