Monthly archives: avril 2015

Fallingwater : le chef-d’œuvre de Frank Lloyd Wright

Un séminaire incentive aux Etats-Unis m’a permis de découvrir un coin du pays où je n’étais encore jamais allé : la Pennsylvanie. Si j’avais déjà visité New York lors de précédentes visites, je n’étais encore jamais sorti de la ville (trop de choses à voir et à faire). Si je l’ai fait cette fois, c’était pour découvrir la célèbre Fallingwater. Et l’excursion en valait vraiment la peine. Pour un amateur d’architecture tel que moi, cette maison est presque un temple. Pour ceux qui ne connaissent pas, j’ai eu envie de vous présenter l’homme et sa demeure. Frank Lloyd Wright, son concepteur, est sans doute l’architecte américain le plus connu du XXe siècle. Il vécut presque un siècle et fut extraordinairement prolifique durant une grande partie de sa vie, concevant des bâtiments nombreux et très variés, et trouvant des solutions très originales aux problèmes posés par chacun. Il ne se répétait pas et ne perdit jamais sa créativité. Il était aussi très indépendant, ne se référant à aucune école ou style, mais se fiant à sa propre inspiration. Dans sa jeunesse, il travailla avec Louis Sullivan, l‘un des architectes relativement peu nombreux qu‘il respectait. Il resta très américain, niant ses affinités avec le style moderne qui, du moins à l‘origine, fut une invention européenne. Il se fit d‘abord connaître en construisant des maisons pour les riches familles de la région de Chicago, ce qu’il appelait des « prairie houses », basses et étalées, avec des toits et terrasses en porte à faux adaptées au terrain. Bien qu’il ait travaillé à de plus gros projets à partir de 1905, il continua à réaliser des maisons privées durant toute sa carrière (dont la sienne, Taliesin, dans le Wisconsin, qui fut reconstruite deux fois, et abritait une communauté de disciples sur laquelle l‘architecte régnait en guru exigeant). la plus célèbre de ses maisons est Fallingwater (1936-1959), qui se situe à Bear Run. Car c’est à Fallingwater que Frank Lloyd Wright intégra avec le plus de réussite la maison dans le paysage. Elle est tout simplement fabuleuse à découvrir. Elle est située au milieu des bois, sur une colline escarpée. Le rez-de-chaussée est construit sur des piliers, avec des terrasses surplombant une cascade. Le cœur du bâtiment, en pierre, s’élance à la verticale, et la plupart des parois sont en béton et en verre. Des éléments horizontaux s’interpénètrent d’une façon complexe et inventive. Absolument moderne, c’est aussi une demeure romantique : Wright déclara qu’elle était en partie inspirée d’un temple maya. Quoique, de ce point de vue, cela ne m’a pas paru évident à première vue (ni à seconde vue, d’ailleurs). Je me suis gorgé de musées et de belles constructions lors de ce séminaire incentive (les Etats-Unis, et notamment New York, sont un paradis architectural), mais aucune oeuvre ne m’a plu autant que la maison de Wright. Si vous passez un jour à New York, pensez à vous échapper de la ville (même si c’est difficile, je sais). Pour en savoir plus, je vous renvois vers l’organisateur de notre voyage incentive aux USA.

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Tout part de l’économie

Tous les problèmes sociétaux naissent du manque d’économie, et surtout de succès dans l’économie, thème où les politiques sont particulièrement incompétents. It’s the economy, stupid ! (“C’est l’économie, idiot !”). Cette phrase a été prononcée, en 1992, par James Carville, alors chargé de la stratégie de campagne de Bill Clinton. Avec cette formule, qui pose en filigrane la question de l’utilité de la politique, James Carville voulait ainsi expliquer que la plus brillante des idées politiques — ou d’ailleurs la plus sotte — ne ferait jamais le poids face aux résultats économiques que la population perçoit dans sa vie de tous les jours. C’est ce qui se passe aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ces deux grandes puissances, aidées il est vrai par les politiques volontaristes de leurs banques centrales respectives, alignent depuis des mois des indicateurs économiques à faire pâlir d’envie bon nombre de pays dans le monde. Aux États-Unis, la richesse nationale a progressé de 2,2 % en 2014. Les esprits chagrins tempéreront en relevant que le chiffre est moins élevé que prévu. Qu’importe : de l’autre côté de l’Atlantique, 295 000 emplois ont été créés en février. Les États-Unis ont retrouvé le chemin du plein-emploi : le taux de chômage est de 5,5 % de la population active. Outre-Manche, les feux économiques sont également au vert, avec une croissance de 2,6 % en 2014 et un taux de chômage de 5,9 % à la fin décembre 2014. Est-ce que cela se retrouve dans la popularité des dirigeants politiques ? C’est plutôt le contraire. Les exécutifs de ces deux pays sont malmenés dans les sondages : Barack Obama serait le pire des présidents américains tandis que David Cameron ressort à égalité avec l’opposition travailliste pour les prochaines élections. Que les politiques se rassurent : leur divorce avec l’économique n’est pas définitif. Deux exemples démontrent que cette théorie n’a rien d’un postulat. En Allemagne, Angela Merkel peut s’enorgueillir de son bilan économique (croissance de 1,5 % en 2014 et chômage de 6,9 %, en baisse) ; la chancelière est par ailleurs plébiscitée dans les sondages par les habitants de son pays, mais aussi par les Français. Tiens, la France, justement, parlons-en. C’est tout l’inverse : jamais la défiance envers les politiques n’a été aussi forte mais jamais aussi la situation économique n’a été aussi catastrophique.

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Réalité du djihadisme

Mohammed Emwazi, alias “Jihadi John”, 27 ans, n’était pas un paria quand il est parti faire le djihad en Syrie. Apparu dans une vidéo, en août 2014, identifié grâce à son accent londonien et à des recoupements très fins, ce citoyen britannique d’origine koweïtienne devenu le tortionnaire en chef de l’État islamique était informaticien à Londres. Bien avant lui, la plupart des tueurs du 11 septembre 2001 aux États-Unis avaient suivi des études, comme Mohamed Belhoucine, l’ami de l’assassin de l’Hyper Cacher, comme ces excellents informaticiens entrés au service de la propagande islamiste pour lui donner une qualité qui étonne les spécialistes. Leur profil n’est pas si rare dans cette “armée” de 8 000 à 10 000 musulmans de naissance ou convertis d’Europe passés à l’islamisme radical. Leur aisance avec les nouvelles technologies montre qu’ils ont été bien formés dans leur société d’origine ou d’accueil. Ils n’ont pas toujours été des damnés de la terre. Une grande partie de nos élites intellectuelles peine à reconnaître cette réalité, comme si le sentiment religieux était incompatible avec l’évolution moderniste de nos sociétés. Cette cécité collective explique les dérives djihadistes par les seules inégalités sociales et par l’identité occidentale, supposée porteuse d’islamophobie et de racisme. Ce réductionnisme semble exonérer la religion — l’islam en l’occurrence — de toute responsabilité. Il gomme la force politique légitimée par une lecture littérale du Coran et des hadith (les faits et gestes du Prophète), matrice de la dérive fanatique observée de Mossoul à Paris, de Raqqa à Londres, des massacres au saccage de sites du patrimoine de l’humanité. Ceux qui acceptent de mourir et de supplicier des milliers d’innocents sont souvent en quête d’une spiritualité abandonnée ou moquée dans un Occident qui renie ses racines, en perte de mémoire, en quête d’identité. Comprendre et combattre ces islamistes nés et grandis chez nous oblige à une réflexion nouvelle, à droite comme à gauche, à cesser aussi de se mentir. Parler des “terroristes” ne suffit pas : ce sont aussi des “islamistes”. Quand on pleure des victimes “égyptiennes” ou “irakiennes”, il s’agit d’abord de “chrétiens”, égyptiens ou irakiens.

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