Tout part de l’économie

Tous les problèmes sociétaux naissent du manque d’économie, et surtout de succès dans l’économie, thème où les politiques sont particulièrement incompétents. It’s the economy, stupid ! (“C’est l’économie, idiot !”). Cette phrase a été prononcée, en 1992, par James Carville, alors chargé de la stratégie de campagne de Bill Clinton. Avec cette formule, qui pose en filigrane la question de l’utilité de la politique, James Carville voulait ainsi expliquer que la plus brillante des idées politiques — ou d’ailleurs la plus sotte — ne ferait jamais le poids face aux résultats économiques que la population perçoit dans sa vie de tous les jours. C’est ce qui se passe aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ces deux grandes puissances, aidées il est vrai par les politiques volontaristes de leurs banques centrales respectives, alignent depuis des mois des indicateurs économiques à faire pâlir d’envie bon nombre de pays dans le monde. Aux États-Unis, la richesse nationale a progressé de 2,2 % en 2014. Les esprits chagrins tempéreront en relevant que le chiffre est moins élevé que prévu. Qu’importe : de l’autre côté de l’Atlantique, 295 000 emplois ont été créés en février. Les États-Unis ont retrouvé le chemin du plein-emploi : le taux de chômage est de 5,5 % de la population active. Outre-Manche, les feux économiques sont également au vert, avec une croissance de 2,6 % en 2014 et un taux de chômage de 5,9 % à la fin décembre 2014. Est-ce que cela se retrouve dans la popularité des dirigeants politiques ? C’est plutôt le contraire. Les exécutifs de ces deux pays sont malmenés dans les sondages : Barack Obama serait le pire des présidents américains tandis que David Cameron ressort à égalité avec l’opposition travailliste pour les prochaines élections. Que les politiques se rassurent : leur divorce avec l’économique n’est pas définitif. Deux exemples démontrent que cette théorie n’a rien d’un postulat. En Allemagne, Angela Merkel peut s’enorgueillir de son bilan économique (croissance de 1,5 % en 2014 et chômage de 6,9 %, en baisse) ; la chancelière est par ailleurs plébiscitée dans les sondages par les habitants de son pays, mais aussi par les Français. Tiens, la France, justement, parlons-en. C’est tout l’inverse : jamais la défiance envers les politiques n’a été aussi forte mais jamais aussi la situation économique n’a été aussi catastrophique.

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