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Rétrospective avion et sensations à Courtrai

C’est sans doute une première, mais c’est bien, une société de loisirs française va organiser une rétrospective historique sur le début de l’aviation militaire, et notamment sur le passage de l’aviation militaire d’observation à la chasse. Cette rétrospective se fera sur la base militaire de Courtrai en Belgique le troisième week-end de Novembre. Le but de la manifestation est de rendre hommage aux pilotes de la base dont certains ont été envoyés en Afghanistan et beaucoup ne sont pas rentrés. Mais c’est aussi l’occasion de sensibiliser le public sur l’histoire de l’aviation. Car à l’issue de la manifestation, des baptêmes en avion de chasse seront organisés. Pour qui aime l’histoire et l’aviation, comme moi, cela devrait être une très belle manifestation. Retour sur l’histoire. Au moment de la déclaration de guerre en août 1914, l’avion était encore dans une phase de développement et de mutation En dépit du fait que l’emploi de l’avion comme machine de combat avait déjà été programmé, il existait une grande confusion dans les milieux militaires en ce qui concernait les taches dont la nouvelle arme devrait s’acquitter. En conséquence, du fait d’une vision encore fondée sur les concepts d’une guerre traditionnelle, le rôle initial du «plus lourd que l’air›› fut réduit à celui d’un «œil›› au service des troupes terrestres, comparable aux autres moyens aériens de l’époque, le ballon captif et le dirigeable. Les avions d’observation, puis de reconnaissance, pouvaient survoler les troupes adverses avec une certaine impunité et communiquer leurs positions d’abord en lançant des messages lestés, puis par radio. Dans une guerre de positions telle que la Grande Guerre, l’artillerie était une arme d’une importance vitale, et la vérification de son efficacité pouvait être aussi déterminante que la possession de pièces de gros calibres. Il s’ensuivit que les avions de reconnaissance furent équipés d’appareils photographiques afin de constater les effets des tirs. Les dégâts purent être facilement évalués, et les portées recalculées avec une précision inimaginable jusque-là. Par ailleurs, les capacités des appareils alors disponibles limitaient leur emploi à des vols de reconnaissance exécutés à basse vitesse, hors de portée des tirs des troupes au sol et à proximité des lignes amies. Fragiles et non armées, offrant une autonomie limitée et incapables de dépasser 100 km/h, les premières machines montrèrent clairement leurs origines, dérivées de concepts d’avant-guerre renforcés par une certitude largement partagée que la guerre serait courte. En dépit de leurs graves déficiences, leur emploi initial mit en lumière tous leurs avantages. C’est précisément grâce à la reconnaissance aérienne, par exemple, que l’armée française découvrit le pivotement vers le sud-est exécuté par les troupes allemandes en direction de la Marne en septembre 1914, contrairement aux prescriptions du plan Schlieffen original, renseignement qui permit de bloquer leur avance et de monter une contre-attaque qui sauva la France d’une probable capitulation. Un mois plus tôt, sur le front russe, la reconnaissance aérienne avait été à l’origine de la victoire allemande à l’issue de la bataille de Tannenberg, où le général russe Alexander Sansonov dédaigna les avertissements de ses pilotes sur les mouvements des troupes allemandes, tandis que le général Paul von Hindenburg planifiait ses mouvements uniquement en fonction des enseignements de ses éléments de reconnaissance aérienne, ce qui lui permit d’encercler les forces ennemies. Son commentaire après la victoire fut très clair : «Sans l’aviation, il n’y aurait pas eu de Tannenberg›› La reconnaissance et l’obsentation allaient demeurer les emplois fondamentaux de l’avion, ce que démontre le nombre de missions de reconnaissance exécutées qui dépassent de loin le total de toutes les autres. Comment pourrions-nous passer sous silence la mission de reconnaissance-propagande la plus célèbre de l’histoire de la guerre, exécutée le 9 août 1918 sur Vienne par huit Ansaldo SVA-5 conduits par Gabriele D’Annunzio dans le dessein de lancer des tracts et de prendre des photos? Ce vol historique leur fit parcourir 1 126 km, dont plus des deux tiers au-dessus du territoire ennemi. Sans doute ce type d’exploit résultait-il des progrès techniques générés par l’effort de guerre. Cette révolution débuta dès les premières années, car les nécessités opérationnelles imposèrent des mutations rapides dans l’objectif d’éliminer les causes de l’inefficacité relative de l’aéroplane. Et comme je vous le disais, le but est aussi de faire un baptême en avion de chasse, à l’issue de la manifestation. Suivez le lien pour plus d’infos, car il faudra vous inscrire à l’avance.

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