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Le souvenir de la Vème République

Bientôt 60 ans, pour un régime politique, ce n’est pas rien. Mais nos institutions ont souffert et l’esprit de la Constitution de 1958 s’est dégradé. La Ve République va sur ses 60 ans et pourra bientôt prétendre rivaliser en longévité avec cette bonne IIIe République qui, selon la date de naissance que les historiens choisissent de lui donner, a vécu près de 70 ans. Un régime politique qui doit bientôt fêter la soixantaine, ce n’est pas rien pour un pays comme la France qui a connu au XIXe siècle une instabilité institutionnelle chronique. Notre Ve République, qui est en réalité bien plus inspirée des institutions de la monarchie de Juillet, à laquelle elle emprunte son parlementarisme, et du second Empire, dont elle a imité, au grand dam de l’auteur, le système plébiscitaire du coup d’État permanent, aura donc duré bien plus longtemps que ces deux régimes additionnés. Pour autant, que reste-t-il aujourd’hui du régime voulu par le général de Gaulle et adopté, non pas par une Assemblée constituante mais par référendum ? Trois coups mortels ont été, à mon sens, portés depuis trente ans à nos institutions. Le premier fut la cohabitation, imposée par François Mitterrand et curieusement théorisée par Raymond Barre. En restant président de la République, alors même qu’il avait été désavoué par le vote des Français, Mitterrand a d’une certaine façon trahi l’esprit de la Constitution même si la lettre, elle, ne disait rien quant à une cohabitation. Le général de Gaulle avait failli jeter l’éponge en 1965, alors qu’il avait simplement été mis en ballottage au soir du premier tour. C’est dire si une défaite aux élections législatives lui serait apparue comme un désaveu tel qu’il n’aurait pas imaginé se maintenir au pouvoir. En cela, de Gaulle, contrairement à François Mitterrand, était bien plus attaché au régime plébiscitaire qu’à l’idéal monarchiste qui lui fut souvent reproché. Le deuxième coup fut évidemment la décision, adoptée par référendum il est vrai, de remplacer le septennat par un quinquennat. Le septennat, imaginé à une époque où la France hésitait entre république et monarchie, avait offert, pendant plus d’un siècle, à la fonction présidentielle une durée qui lui donnait la possibilité de se détacher de l’urgence politique. Le septennat était donc, en cela, parfaitement adapté aux institutions de la Ve République, qui réservaient au chef de l’État non pas le soin de gouverner mais celui de dessiner la vision de son gouvernement. Aujourd’hui, le mandat présidentiel réduit à un quinquennat oblige celui qui occupe la fonction à agir comme un premier ministre anglo-saxon, tout en conservant la distance d’un arbitre placé au-dessus de la mêlée. Exercice parfaitement contradictoire et donc impossible. Enfin le dernier coup est venu, non pas de ceux qui exerçaient le pouvoir exécutif ou législatif mais des partis politiques eux-mêmes. Il a pour nom la primaire. Cette nouveauté venue d’outre-Atlantique a aujourd’hui été adoptée par les deux premiers partis de gouvernement et, comme l’adoption du quinquennat, elle a reçu le soutien des médias comme de l’opinion. À ce titre, elle est définitivement installée mais il n’en demeure pas moins qu’en créant un premier filtre entre le peuple et les candidats à la présidence de la République, elle est contraire à l’esprit de 1958. Revanche posthume de la IVe République ?

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Après la déroute électorale, la déroute financière

Débandade électorale, débandade financière. Après avoir connu des scores faibles lors des élections régionales de décembre, le Parti communiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti de gauche ont confié mercredi subir une baisse importante dans le nombre de leurs élus et donc une baisse de leur revenus. Pour le Parti communiste, le nombre d’élus régionaux est passé de 100 en 2010 à 29; chez les écologistes, de 265 à 66. Plusieurs de leurs listes n’ont pas atteint la barre des 5% des suffrages au premier tour, synonymes de remboursement des frais de campagne. « Il va falloir baisser les dépenses et adapter notre niveau de vie », a souligné David Cormand, numéro 2 d’EELV, dont le parti est endetté à hauteur d’1,5 million.. Il a rappelé que le siège du parti dans le Xe arrondissement de Paris, surnommé La Chocolaterie, était en vente pour 3,5 millions d’euros. De plus, le parti dirigé par Emmanuelle Cosse va perdre l’argent que leur transmettait chaque mois les conseilleurs régionaux. Traditionnellement, ces élus versaient entre 150 et 250 euros pas mois au parti. Concernant le Parti de gauche est passé de 15 à 7 élus et d’un ancrage dans une quinzaine de régions (ancien découpage) à une présence dans trois seulement, Rhône-Alpes-Auvergne, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et Ile-de-France. Ça ne met pas le parti en difficulté car nous avions accepté de ne prendre aucune tête de liste et la règle veut que ce soit la tête de liste qui emprunte pour la campagne avec la garantie de son parti »précise Eric Coquerel.

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